i ara Amsterdam !

Vous connaissez, sans aucun doute, mon sens inné de l’orientation qui ferait pâlir d’envie le plus intrépide des explorateurs sur la planète et qui, tant de fois, a provoqué des situations cocasses dont Joan était, pour la plupart du temps, le témoin et la victime malgré lui.

Mais l’exception confirmant la règle, il y a une ville dans laquelle je ne me suis jamais perdue,  c’est Venise et maintenant je peux vous dire qu’il y en a une autre : Amsterdam !

Deux villes étonnantes, sillonnées de canaux, dans lesquelles je me trouve comme poisson dans l’eau ! Mais la comparaison s’arrête là. Pour une, l’extrême décadence d’une élégance surannée, enfermée dans un passé glorieux qui s’éteint, malheureusement, petit à petit. Pour l’autre,  la solidité, un tempérament  actuel, l’énergie qui va et vient, l’élan vers le futur. Venise est un poème délicat, un long chant plaintif, on voudrait y supprimer les hordes de touristes qui la blessent sans la respecter, une vieille dame qui résiste et se maquille, mais laisse entrevoir sa déchéance.

 Amsterdam grouille de vie, d’enthousiasme. Laissant de côté sa réputation de ville où tout est permis, on dirait que tout y est contrôlé. Et vous savez le plus étonnant ? Il n’y a pas de bruits ! Faut dire que les voitures n’y sont pas les bienvenues, les tramways glissent en sourdine et seulement quelques motocyclettes ou vespa se faufilent dans les rues pendant que des milliers de bicyclettes envahissent en silence chaussées et trottoirs. Imaginez que vous êtes mis, tout à coup, au beau milieu d’essaims d’abeilles qui vous attaquent de tous côtés ! J’en ai gardé bien plus d’une peur bleue… on ne les entend pas venir… Les gens sont gentils, aimables et polis jusqu’à ce qu’ils enfourchent ce moyen de transport ! Pas de pitiés pour les piétons mous et ignorants de cette règle : la bicyclette a la priorité, à vous de vous pousser, de vous écarter, d’écarquiller bien les yeux d’un côté et de l’autre, deux fois mieux qu’une, de veiller aux marques, à vous de vous rendre compte que les trottoirs ne sont aucun refuge certain, maintenant que j’y pense je me demande si ces bicyclettes ont des freins !!!

 Nous n’avons eu qu’un seul jour gris –sans pluie- pendant notre séjour, les parapluies sont restés dans le fond de la valise, mais par contre le froid était vif, surtout en fin d’après-midi. Notre hôtel était situé au centre ville, sur le bord d’un joli canal, un endroit silencieux, comme tant d’autres.

Allez, je commence le récit avec photos, d’accord ?

Je vous ai prévenus, les bicyclettes sont omniprésentes, insolentes, silencieuses et imprévues ! C’est très courant d’en voir de très usagées, car les vols sont nombreux et les gens préfèrent donc garder « les jolies » pour les jours de fête. À côté de la gare, il y a un parking immense, ceux qui vivent loin arrivent en train puis vont travailler avec leur bicyclette garée là pendant la nuit,  et le soir font l’inverse.

Les tramways sont fonctionnels, rapides, silencieux (gare en traversant n’importe où les rues !) et surtout très nombreux.

il y a aussi un métro mais je n’en connais pas grand-chose, je crois qu’il dessert la banlieu.

Dans les anciens quartiers, les seuls que nous avons visités, les maisons sont très bien conservées, et les nouvelles constructions respectueuses quant à la hauteur. Pourquoi sont-elles si étroites ? Les terrains étaient convoités, on les divisa en petits lots. Chaque maison donc grimpait en hauteur puisqu’impossible en largeur. Mais tout au long des canaux importants, les propriétaires qui en avaient les moyens achetaient deux ou plusieurs lots d’affilés ce qui permettait de construire de splendides maisons, bien plus grandes.

Au commencement, ces maison étaient construites en bois, au Moyen-âge. Les grands incendies provoquent au XVIIème siècle un changement dans les matériaux de construction, la pierre et surtout la brique seront donc employées couramment. Tout en haut, elles finissaient par des gâbles, droits et pointus, en bois ou en pierre à la première époque.

À cause d’un grand incendie en 1452, les habitants ne reconnaissaient plus leurs maisons brûlées ou leur commerce ni l’endroit où elles étaient. C’est alors qu’une pratique, aujourd’hui disparue, s’instaura pour les nouvelles maisons reconstruites : sur les façades figuraient, sculptées dans la pierre, des enseignes (Gevelstenen) très explicatives, représentant par un emblème, ou un dessin, ou des lettres, ou par un blason, soit le nom, soit le métier du propriétaire. Ces plaques rectangulaires, aux couleurs vives, peuvent encore se voir, et ce n’est qu’à la fin du XVIIIème siècle  que les Français introduiront la numération.

Amsterdam était avant tout une “république de commerçants”, tout comme Venise. Bouchers, pêcheurs, meuniers, forgerons, brasseurs, tisserands, tous avaient leur symbole. Le vaste réseau d’artisans, de marchands et l’importance des corporations explique l’utilisation des gevelstenens et leur nombre.

Il est plus simple de contrôler une ville et ses habitants quand leurs maisons sont numérotées

La plupart des canaux d Amsterdam furent construits afin de dessécher et agrandir la superficie de la ville et permettre de nouvelles constructions.  Le fleuve Amstel est a l origine de la ville et de son nom.

Se promener en flanant tout au long de ces canaux est un des charmes de la visite de la ville,  on ne s en lasse pas, difficile de résister au plaisir de faire des photos!  

Nous avons fait un parcours en bateau le long de ces canaux, avec un soleil bien sympathique!

Il y en a de plusieurs sortes, ceux construits avant de 1850 sont en voute de pierre,  d’autres sont des ponts-levis en bois. Puis viennent ceux en fer et acier et, à partir de 1900, béton et brique.  Ils permettent de traverser les canaux et sont donc très nombreux, à cause du dédale de petites rues qui vont de part et d’autre des canaux.

Celui aux fleurs se trouve au bord d’un canal, je crois que c’est le seul marché « flottant » en Europe de ce genre ! La fleur la plus représentée ? La tulipe, bien sûr !

Puis il y a aussi un marché aux puces, notre hôtel était tout près de là, et un immense marché quotidien tout au long d’une grande rue, avec toutes sortes de marchandises, des victuailles, des poissons, des vêtements…

Le soir, dans les rues du vieil Amsterdam, on se croirait en train de regarder aux fenêtres d’une immense maison de poupées… Pas de rideaux, ou très peu, les intérieurs s’offrent à notre vue, des habitations qui donnent l’impression d’un certain confort, pour la plupart. Malgré le froid, nous avons trouvé beaucoup de monde dans les rues, dans les restaurants. Mais toujours le même calme, et les glin-glin des bicyclettes qui vont bon train !

Pas tous, mais les deux meilleurs!

Pas de photos permises, je n’ai pas osé comme à Madrid, les gardes de salles avaient l’air très sérieux.

Celui de Van Gogh (1973) est juste à ma mesure : comme un coffret à bijoux qui, une fois ouvert, laisse s’échapper en ordre les trésors qui s’y cachent. La visite est paisible, bien ordonnée. Il se trouve juste à côté de l’imposant Rijksmuseum, de l’autre côté d’une immense esplanade. entre les deux musées, un coquet magasin de souvenirs qui propose des reproductions de bonne qualité, sur toile, des différents tableaux ainsi que des livres, jouets,  magnets, marque-pages etc. ad hoc.

Le très sévère Rijksmuseum est un immense bâtiment qui date de 1885. L’ancien musée était devenu trop petit pour abriter la grande collection de tableaux, objets, etc. Il s’élève dans un quartier résidentiel, avec des maisons magnifiques.

Là, il faut tout prendre calmement, sinon on risque, comme dans tous les grands musées, d’attraper une très sévère intoxication ! Et on apprend par exemple que le tableau « La ronde de nuit » de Rembrandt était bien plus grand mais qu’un mauvais déménagement avait abîmé la toile sur les côtés et hop, on la coupa !

Caché au beau milieu d’Amsterdam, un petit secret à découvrir absolument !

Un  retour dans le passé donc. On entre, par une petite porte, dans un endroit surprenant, tellement bien restauré qu’on dirait un décor de théâtre. C’est un minuscule village, formé par d’anciennes maisons et une petite église, le tout entouré de gazon et d’arbres centenaires. Silence total, nul bruit de la ville n’y arrive. Ce béguinage a été fondé en 1346 sur des terrains qui étaient alors à l’extérieur des murailles de la ville. Grâce à la charité de particuliers ou communautés, ces maisons d’une seule pièce et jardinet étaient à la disposition des personnes âgées d’Amsterdam qui n’avaient pas de ressources. Des femmes non religieuses, les béguines, s’en occupaient. Les grands incendies de 1421 et 1452 détruisirent l’ensemble, reconstruit entièrement au XVIIème siècle. Et bien que restaurée, une seule maison conserve encore sa façade en bois, c’est la maison la plus ancienne d’Amsterdam, elle date de 1460.

Bon, quelques vitrines parmi les centaines qui m’ont plu.

Il y a à Amsterdam du Delft made in China, mais après tout, c’est bien là que la porcelaine a été inventée, non ?

Blague à part,  ça ne me déplairait pas, franchement, d’avoir quelques assiettes authentiques dans mon buffet…,  je termine mon petit récit avec le plat de résistance !

Toutes les cuisines du monde se retrouvent à Amsterdam. On peut passer d’un continent à l’autre rien qu’en traversant la rue. Les Chinois ont un petit coin pour eux, avec une Pagode qui donne un petit air exotique au quartier où elle se trouve. Il y a des pizzerias à chaque coin de rue. Les Indonésiens ont pignon sur rue. Une très sophistiquée Brasserie de Flo mène le groupe des restaurants français. Les Argentins se voient de loin avec leur enseigne très explicative. La nouveauté des tapas et pinxos a donné un bon élan aux restaurants espagnols.

Et au détour des rues, malgré tout, des restaurants traditionnels, la plupart très anciens, proposent une honnête cuisine du pays, des plats excellents aux rations généreuses, des calories en pagaille qui nous permettaient de combattre le froid et tenir le coup pour affronter les grandes balades le long des canaux… Soupes de pois cassés, croquettes gigantesques, ragoût de bœuf ou de veau, purées aux légumes… bien loin tout ça de la nouvelle cuisine maigrichonne !

Les gens mangent, à midi, le plus souvent dans les rues ou à la barre d’une brasserie, vite fait, la plupart ne disposent que d’une demi-heure comme halte du travail. Le repas important c’est en fin d’après-midi, lorsqu’ils ont le temps.

On trouve donc un peu partout des endroits qui dispensent des sandwiches, des harengs marinés posés sur du pain de seigle, des frankfurts moutardés.

Et puis, il y a la bière, et moi j’adore la bière. En toute saison. Même lorsqu’il fait froid !

 J’y serais bien restée moi, quelques jours de plus là-bas.

1 comentari (+add yours?)

  1. joana
    març 21, 2011 @ 10:30:19

    No volia dir res…però no puc deixar de fer-ho. La Jocelyne ens fa veure i sentir tota la bellesa d’Amsterdam. Sense sortir del nostre Sant Andreu, viatgem de la seva mà descobrint nous llocs, nova gent, noves maneres de fer. És la millor guia turística que he conegut mai. Moltes gràcies per compartir el que has vist i pensat.
    Joana

    M'agrada

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