La Journée de la femme a LePetitJournal.com de Rome

JOURNEE DE LA FEMME – Trop d’Italiennes sont en danger

À l’occasion de la Journée de la femme, LePetitJournal.com de Rome tente de comprendre la triste augmentation du taux de crimes passionnel dans la Péninsule. Le combat pour l’égalité des sexes semble encore long et oblige toute la société à se moderniser.

Halte aux violences !

L’Italie s’est réveillée, le 19 octobre, choquée par la mort d’une Palermitaine de 17 ans. Après avoir reçu deux coups de couteaux à la gorge, Camerla a été tuée alors qu’elle tentait de protéger sa sœur,harcelée par son ex-petit copain. Ce meurtre a relancé le débat sur la violence faite aux femmes en Italie. Le 4 novembre, la Fédération italienne de Football s’est associée à la douleur de la famille de Camerla. Pour porter son message éloquent, “La violence contre les femmes est le problème des hommes”, la Fédération invitait les supportrices à assister au match Italie-France à Parme gratuitement.

L’Association venant en aide aux victimes d’agressions conjugales, Telefono Rosa, a présenté des chiffres inquiétants en début d’année. Alors qu’une femme était assassinée tous les trois jours en 2011, le bilan s’aggrave en 2012. Un homicide est enregistré tous les deux jours, 124 femmes ont été victime d’un crime passionnel au cours de l’année passée. Le nombre de “fémicide” avait pourtant diminué dans les années 1990. “Autrefois le mâle dominant tuait la femme dont il voulait se libérer, maintenant il la tue parce qu’il en est dépendant, il n’accepte pas d’être quitté”, commentait en octobre dernier le criminologue Francesco Bruno dans la presse.

Selon les chiffres de Swg pour l’association Telefono Rosa, l’homme qui bat sa femme a le profil d’un individu “normal”. Dans 48% des cas, le mari est incriminé – contre 23% pour l’ex compagnon. 82% d’entre eux sont même pères. La plupart sont instruits et socialement intégrés. Parmi eux, 46% sont ainsi titulaires d’un baccalauréat et 19% d’un diplôme universitaire. Chez 63% des hommes violents, l’alcool et la drogue ne sont pas à l’origine de leur comportement. Leurs victimes sont à leur image, puisque 84% d’entre-elles déclarent entretenir une “relation sentimentale” avec celui qui les frappe. Beaucoup n’osent pas partir par crainte de ne pouvoir assumer financièrement leurs enfants, d’autant plus que le désarroi de 55% des femmes battues n’est pas connu de leurs proches.

Une société machiste ? La hausse des crimes passionnels questionne le regard que pose la société italienne sur la gent féminine. Francesco Bruno dénonce “une absence de limites sociales [des jeunes hommes] et une culture télévisuelle où la violence est gratuite et vécue comme dans un film sans participation émotive”. Le Petit Ecran italien est ainsi largement critiqué pour faire la promotion des veline et autres bimbos aguicheuses. En réduisant la femme au seul statut d’objet sexuel, ces présentatrices plantureuses la rendent plus vulnérable car dépourvue de conscience.

Propriétaire du groupe Mediaset, Silvio Berlusconi est devenu la cible des féministes. En décembre 2011, des milliers de femmes étaient descendues dans les rues pour un rassemblement sans précédent, “Se non ora, quando?” (Maintenant ou jamais ?). Dénonçant les agissements sexistes de l’ancien Président du Conseil, empêtré dans le scandale du RubyGate, les manifestantes ont appelé à l’égalité des sexes. Avant d’être meurtrière, la misogynie est d’abord ordinaire. Symbole de mœurs paternalistes, seule la moitié des femmes travaillent en Italie contre plus de 66% en France.

Les propos du père Piero Corsi, prêtre à San Terenzo en décembre 2012, laissent à penser que les discours considérant la femme comme inférieure à l’homme sont encore nombreux. Elles seraient, pour l’ecclésiastique, responsables des violences conjugales qu’elles subissent. “Est-il possible que les hommes deviennent tous fous soudainement ? Nous ne le croyons pas. De plus en plus de femmes provoquent, tombent dans l’arrogance, croient être indépendantes et exacerbent les tensions”, placardait-il dans son église. “Les enfants sont laissés seuls dehors, les maisons sont sales, les repas sont servis froids ou comme dans les fast-foods. Les femmes déclenchent les pires instincts, menaçant à la violence et aux abus sexuels”, renchérissait-il.

En cette journée de la Femme, le combat pour une société égalitaire reste difficile mais salutaire. Chacun, homme ou femme, est concerné par cette bataille où les droits se gagnent au gré de revendications individuelles et collectives. Appelant aussi à lutter contre l’attentisme dans Le Deuxième Sexe, l’engagement féministe de Simone de Beauvoir dicte le chemin à suivre : “On ne naît pas femme : on le devient”.

Martin Cangelosi (www.lepetitjournal.com/rome) – Vendredi 8 mars 2012

1 comentari (+add yours?)

  1. lasudiste
    març 08, 2013 @ 20:31:12

    Ce que dit ce prêtre me fait penser aux discours des talibans…

    M'agrada

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